SYNTHÈSE

En cette fin d’année 2019, nous assistons à l’échelle planétaire à l’acmé du capitalisme ultralibéral mis en place dans les années 70 par les théoriciens de l’économie Hayek et Friedman et leurs marionnettes politiques Pinochet, Reagan et Thatcher.

1973-2019 : Quarante cinq ans plus tard, le boomerang chilien annonce la reprise d’une histoire brulée par le silence de ces bouches aussi policées que fascisantes.

Mais quelle est la particularité de ce fascisme mutant virtuose et virtuel ? Il n’a pas d’éthique, tel un virus, cohabite en démocratie et s’en nourrit mais comprend que s’il doit se régénérer tombe dans les bras des néo-fascistes et des dictatures. Il s’accommode de tout pourvu que la prédation et la domination fassent partie du projet politique. Dans sa modernité, il a ajouté au naturalisme du capitalisme primaire (l’égoïsme de chacun est bon pour la société en général – ce qui n’a jamais été prouvé) un idiome politique, un principe d’inégalité absolue qui peut se résumer ainsi «  Fort avec les faibles et faible avec les forts ». En cela la rupture contemporaine est que l’idéologie capitaliste qui avait passé un pacte tacite avec les démocraties occidentales au vingtième siècle dont elle était un peu le bébé s’en est affranchie avec la globalisation galopante de ces quarante dernières années et s’attache même aujourd’hui à les combattre. La trahison et la spoliation sont l’essence même de ce système.

Et les prémices de cette vision totalitaire ont eu lieu au Chili en 1973 : « L’expérience chilienne » est à ce titre à regarder d’un œil toujours nouveau. La façon de procéder des États-Unis de Nixon envers la jeune démocratie chilienne, d’abord en l’abattant par le biais d‘un coup d’état militaire puis en imposant au pays et au peuple une potion politique (Idéologique et économique) dont ils ne voulaient pas et au seul service des multinationales qui ont pillé les richesses du pays sans se soucier de la nature et des gens qui y vivaient paisiblement depuis des milliers d’années. Seuls, les riches locaux, oligarques avant l’heure, ont véritablement profité de ce raid militaire, cette OPA hostile des États-Unis sur le Chili, la confiscation du pays à ses habitants par des étrangers. Si ça, c’est pas déjà un truc de malade…

Quarante sept ans plus tard, les chiliens sont en train de reprendre en main leur destin et ils sont loin d’être les seuls. Sur la planète entière, les peuples grondent et se révoltent, n’en pouvant plus de la gangue qui les enserre et les contraint à la misère chaque jour un peu plus quand devant leurs yeux défile une richesse devenue aussi obèse qu’obscène, sale.

La mutation capitaliste ? Les riches sont devenus de pauvres riches. Incapables de douter, ils ont perdu toute humanité et l’alignement sans conditions du politique sur le dogme économique les a rendus encore plus cupides et donc plus stupides.

Il s’agit de redonner le pouvoir au parlement donc au peuple et de graver dans le marbre les termes espérance de vie en bonne santé, protection sociale, état solidaire, alimentation saine, culture à tous les étages.

C’est ce qu’ont recommencé à faire les chiliens en votant une nouvelle constitution avec en premier lieu de nouveaux droits sociaux semblables aux nôtres… Accès pour tous à la santé et à l’éducation.

Viva el Chile !

JHJ

29102020

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